AGRICLEAN – Pour une agriculture en harmonie avec l’environnement

AGRICLEAN SARL

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Voici quelques informations et conseils techniques destinés

exclusivement à nos fidèles clients et amis (juin 2013)

 

1)  Tavelure

Nous avons eu encore une année à forte (voire très forte) pression de tavelure dans pratiquement toutes les régions de France, ainsi que dans la plupart des pays européens producteurs de pommes et poires. Les années se suivent et se ressemblent et la BSC se confirme le produit indispensable pour une lutte anti-tavelure efficace (en Suisse, où la BSC n’a jamais été introduite, plusieurs producteurs annoncent presque 100 % de fruits tavelés….).

Une bonne nouvelle : le dossier d’homologation de la BSC a été déposé au début juin en Espagne (zone Europe Sud) ; si les autorités françaises ne trahissent pas leurs promesses, la BSC devrait recevoir une dérogation pour traitement contre la tavelure pour la prochaine saison.

Il ne faut pas avoir peur de continuer les traitements avec la BSC (toujours à la dose de 10 kg/ha = 8 L/Ha) ; les traitements répétés (même 20-25 par année !!!) semblent fatiguer le feuillage, mais n’ont aucune conséquence négative ni sur la production de l’année, ni sur le développement de la plante dans les années suivantes (les expériences italiennes et allemandes dans les derniers 15 ans le prouvent bien). Par contre, il ne faut pas oublier que la BSC n’aime pas trop les températures élevées, donc les traitements avec ce produit dans cette période de l’année doivent être obligatoirement programmés le matin ou en fin d’après-midi, avec une préférence pour le matin pour profiter de traiter sur feuillage humide par la rosée matinale.

Pour compléter les traitements anti-tavelure de l’année il peut être judicieux de remplacer la BSC par 1 à 3 applications de Fitogeo K à la dose de 6-7 kg/Ha ou d’Armicarb (5 kg/ha) toujours accompagné de soufre (Attention : Armicarb présente de risques importants de phytotoxicité très sérieuse, en particulier sur certains variétés comme Gala, Elstar, Golden, Ecolette , tandis que Fitogeo K ne brûle absolument pas),

L’utilisation de Fitogeo K  (ou d’Armicarb + Soufre) dans les derniers traitements anti-tavelure devient obligatoire dans le cas de variétés sensibles à la maladie de la suie

(Goldrush …..), car le produit possède une très bonne efficacité contre cette maladie.

Les arboriculteurs conventionnels devraient s’intéresser à ce produit qui leur permettrait de compléter le(s) dernier(s) traitement(s) anti-tavelure avec un produit qui a une efficacité intéressante et qui ne pose pas de problèmes de résidus sur les fruits.

 

 

2)  Puceron lanigère

Un peu partout on observe de fortes remontées de puceron lanigère, tandis que son prédateur, Aphelinus mali, semble arriver sur les vergers encore plus tardivement que d’habitude.

A cette époque de l’année il y a un seul moyen biologique efficace contre ce ravageur redoutable : SBS, savon potassique à la dose de 5-6 kg/Ha sur les premiers foyers, même localisé, avant que la laine soit bien formée. Si le produit est appliqué au bon moment, efficacité identique au Pirimor (essais dép. Rhône en 2010). A remarquer :

-          Les savons potassiques sont très différents les unes des autres dans leur formulation et dans leur efficacité vis-à-vis des insectes. Les bons résultats contre le puceron lanigère concernent exclusivement le produit SBS

 

 

-          Les produits à base de Neem ne sont absolument pas efficaces contre ce ravageur

-          L’efficacité des produits à base de pyrèthre sur le puceron lanigère est très faible et ne justifie nullement un traitement qui a des conséquences très négatives sur la faune auxiliaire très présente à ce moment de l’année.

 

Si les populations de puceron lanigère sont vraiment très importantes sur la parcelle, il faudra songer à un traitement radical en fin d’hiver avec BSC + huile minérale (détails dans une prochaine note technique) qui présente une efficacité de 80-90%.

 

 

3)  Compatibilité du virus dans les mélanges

Beaucoup d’arboriculteurs nous interrogent chaque année sur les possibilités de mélanger le virus (Carpovirusine et/ou Madex) avec d’autres produits de traitement.

Il est assez difficile de donner des réponses précises car les données sont souvent manquantes ou partielles (et parfois même contradictoires) ; de plus, les effets négatifs de certains mélanges sur les plantes ou sur l’efficacité sont variables, car ils dépendent non seulement du mélange, mais aussi d’autres facteurs, tels météo, volume de bouillie, dureté de l’eau, variétés, dosage, etc. On peut toutefois donner certaines indications :

-          Le virus perd son efficacité dans un milieu alcalin ; donc à éviter absolument des mélanges avec des produits très alcalins (BSC, bouillie bordelaise, chlorure de calcium, savons, etc.)  

-          Pas de compatibilité avec tous les produits à base de cuivre (le cuivre est un anti-viral)

-          Pas de compatibilité avec le kaolin (Surround, Sokalciarbo)

-          Pas de compatibilité avec les huiles minérales et végétales

-          Soufre – c’est le mélange le plus controversé. Arysta avait trouvé une incompatibilité totale entre la Carpovirusine et le soufre micronisé Thiovit, tandis qu’en Suisse les mélanges entre Carpovirusine et/ou Madex et les produits à base de soufre ne sont pas déconseillés. On peut conclure que le mélange entre virus et soufre n’est pas incompatible, mais il est judicieux de l’éviter si possible; dans le cas de mélange, choisir un produit avec une quantité de soufre limitée (ex. Aminosoufre) ou limiter fortement la dose du produit soufré.  

-          Argile sulfurée - encore un cas difficile. En Suisse, Andermatt déconseille le mélange de Madex et Myco-Sin ou Myco-San, tandis que le fabricant allemand de ces argiles sulfurées conseille ce mélange. On doit donc observer une extrême prudence dans ce cas et si possible d’éviter ce mélange.

-          Le mélange virus + adjuvants terpéniques (Heliosol) est possible, mais il est à déconseiller car l’odeur des terpènes a un effet répulsif sur le Carpocapse et donc risque de faire baisser l’efficacité biologique du virus

-          Il faut être particulièrement prudent avec les engrais foliaires qui ont des teneurs élevées en sels (haute concentration en éléments nutritifs)

-          Les arboriculteurs conventionnels sont mieux lotis, car à part quelques régulateurs de croissance (alpha-naphtylacetamide) on ne connait pas de vraies incompatibilités entre les virus et les produits chimiques les plus utilisés ; tous les produits testés par Arysta en 2007 : Carbendazime, Mancozèbe, Thiryme, Captane, Dithianon, Tetraconazole, Buprimate, Thiphanate Methyl, Trifloxystrobine. Kresoxim-methyl, Talyfluanide, Fenbuconazole, Cyfluthrine, Acétamipride, Flonicamide, Bétacyfluthrin, Oxydéméton-méthyl, Abamectine, n’ont pas altéré l’efficacité biologique de la Carpovirusine