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 (novembre 2018)

 

 

 

Polithiol : un nouvel outil pour les traitements d'hiver

 

En arboriculture, aussi bien conventionnelle que biologique, le traitement d'hiver se fait traditionnellement avec les huiles minérales. La Bouillie sulfo-calcique (Curatio) est aussi un excellent produit pour le traitement d'hiver, surtout en présence de cochenilles ou de puceron lanigère (contre ce dernier ravageur en mélange avec de l'huile minérale), avec, dans ces 2 cas, une efficacité nettement supérieure aux huiles minérales. Toutefois, les contraintes d'homologation (Curatio est pour le moment exclusivement homologué comme fongicide), les dosages importantes de produit (qui vont souvent au-delà des doses maximales autorisées) et l'énorme RPD (redevance pour pollution diffuse) qui touche cette formulation à hauteur de 0,7308 Euros/Litre (sur l'aspect ridicule de cette redevance voir mes notes techniques précédentes), rendent de plus en plus compliqué son utilisation. Heureusement, un nouveau produit intéressant a été homologué en France : le Polithiol. Il s'agit d'un produit nouvellement disponible pour la France, mais pas du tout un nouveau produit. Aux Etats-Unis, les mélanges d'huiles minérales et de soufre ont été toujours utilisés an arboriculture, dans les buts d'atteindre des efficacités similaires aux polysulfures (Curatio). Au début des années 2000, la société Cerexagri (aujourd'hui UPL) a commencé à s'intéresser à la production d'une formulation stable d'un produit contenant huile minérale et soufre. Le produit a été homologué en Italie en 2005, donc il arrive aujourd'hui en France avec un bon bagage d'expériences.

En France, le produit a été homologué en 2017 (AMM n. 2160985), mais la première année de commercialisation (et même partielle, car très peu de produit était disponible) a été le 2018. Polithiol est une émulsion de type aqueux (donc produit liquide), composée selon l'homologation (voir e-phy) uniquement d'une huile paraffinique (400 g/L), mais en réalité il s'agit d'un mélange de huile et de soufre, parfaitement étudié pour avoir un produit stable capable d'avoir une efficacité nettement supérieure aux huiles minérales classiques. Cette façon de cacher une partie fondamentale du produit est vraiment énervante et va à l'encontre de la transparence toujours étalée mais rarement appliquée. Le soufre présente dans la formulation devient quoi, un simple adjuvant non déclaré? Mais alors on pourrait se demander pourquoi il faut homologuer comme de phytosanitaires les produits à base de soufre !!

Mis à part ces problèmes bureaucratiques, le Polithiol est un produit vraiment intéressant. Il est pleinement utilisable en agriculture biologique, son mode d'action physique, film qui se dépose sur la surface du végétal asphyxiant les œufs et les larves d'insectes, est très spécifique et ne permet pas le développement de phénomènes de résistance chez les espèces cibles.

Polithiol est homologué à la dose de 5 L/hl (volume maximale de bouillie 1500 L/ha), donc un traitement à 50 L/ha pour un volume de 1000 L d'eau et à 75 L/ha pour un volume de 1500 L/ha. Il est évident que pour le  traitement d'hiver avec ce produit, une bonne couverture des plantes est indispensable pour obtenir un résultat optimal.

Le produit est homologué sur plusieurs cultures : pommier et poirier, pêcher et abricotier, cerisier, prunier, kiwi, figuier, noisetier et noyer, cassissier et framboisier, vigne, pour le contrôle de cochenilles, acariens et phytoptes. Sur pommier et poirier, Polithiol est homologué également contre le puceron lanigère et le psylle (voir plus bas pour ces deux utilisations particulières). Cette formulation peut être appliquée 1 seule fois par saison et doit être obligatoirement positionnée avant l'apparition des organes verts (entre les stades BBCH01 et BBCH05), car il est très phytotoxique sur la végétation.   

Le produit étant moyennement dangereux pour les organismes aquatiques, il faut respecter une zone non traitée de 20 m par rapport aux points d'eau pour les usages en arboriculture (5 m pour les usages vignes, framboisiers et cassissiers). Par son mode d'action physique, Polithiol ne peux pas être sélectif et donc il peut être nocif pour les insectes auxiliaires ; pour protéger les arthropodes non cibles, il faut donc respecter une zone non traitée de 50 m par rapport à la zone non cultivée adjacente pour les usages en arboriculture (20 m pour les usages framboisiers et cassissiers, 5 m pour les usages vigne). Il ne faut pourtant se préoccuper trop de son activité sur les insectes auxiliaires, car au moment du traitement d'hiver, ils ne sont pas encore présents dans les cultures. Même discours pour sa dangerosité sur les abeilles, pas présentes dans le verger au moment du traitement ; il faut toutefois rester vigilant sur l'éventuelle présence dans le verger d'adventices précoces en fleur.

En 2018 (pour 2019 rien d'officiel e été encore annoncé) Polithiol n'avait pas

de redevance pollution diffuse.               

 

Polithiol et puceron lanigère (Eriosoma lanigerum)

Ce puceron a été introduit d'Amérique du Nord ; il est signalé en 1812 dans la Manche et le Calvados. Dans nos régions il vit exclusivement sur rosacées ligneuses (pommier, cognassier, plus rarement poirier).

Le nom de puceron lanigère vient de l'exsudat blanc et cotonneux très caractéristique qui protège l'insecte.

L'hivernation se fait sous forme de larves et de jeunes femelles sous les écorces, dans les anfractuosités du tronc, les chancres, sur le collet et les grosses racines. Plus l'hiver et doux, moins il y a de mortalité parmi les larves, qui peuvent toutefois survivre à des températures allant jusqu'à – 25° C. La reprise d'activité intervient au début du printemps, mars-avril normalement (mais une température supérieure à 5-6° C peut être suffisante pour les faire sortir de leur hivernation). Les femelles commencent à se reproduire sans besoin d'être fécondées, chacune d'elles engendrant plus de 100 larves. Le pouvoir de multiplication est très importante : 12 à 14 générations peuvent se succéder dans l'année. Les femelles ailées apparaissent à partir de juillet et elles assurent la dispersion et la formation de nouvelles colonies sur d'autres arbres.  

Les adultes et les larves se nourrissent par ponction de sève sur les parties ligneuses ou les pousses tendres, jamais sur les feuilles. Les piqûres et l'injection d'une salive toxique provoquent la formation de galles entravant la circulation de la sève et pouvant évoluer en chancre à Nectria ; les arbres atteints dépérissent et peuvent devenir la proie des ravageurs secondaires. 

L'hymenoptère parasite américain Aphelinus mali a été introduit vers 1920 dans les vergers européens pour lutter biologiquement contre le puceron lanigère. Ce parasite s'est acclimaté parfaitement dans nos régions, mais son action n'est presque jamais suffisante. En effet, les cycles du ravageur et du parasites ne sont pas en synchronie ; les températures minimales pour le développement de l'Aphelinus mali sont nettement plus élevées (8-9° C) de celles nécessaires pour le puceron lanigère (5-6° C). Pour cette raison, Aphelinus mali arrive sur le verger avec un décalage de 3-5 semaine vis-à-vis du puceron lanigère. La parasitisation se fait alors très rapidement (50% dans seulement quelques jours), mais presque toujours trop tard pour éviter de dégâts importants.  D'autres auxiliaires (forficules, coccinelles, chrysopes) peuvent réduire les populations du ravageur.

 

Le puceron lanigère a toujours représenté un problème sérieux dans les vergers de pommes en bio, mais dans les dernières années la situation est devenue encore plus difficile. Comment expliquer la recrudescence des attaques de ce ravageur ?

-       Le réchauffement climatique est probablement passé par là, du moment que, comme nous l'avons vu plus haut, plus l'hiver est doux moins il y a de mortalités parmi les insectes hivernants et plus la formation de colonies est rapide.

-       L'utilisation de produits pas sélectifs qui ont eu une influence négative sur le prédateur et parasites du puceron  ? En pommier bio le seul produit qui pourrait être mis en cause serait le Spinosad (Success 4), mais il s'agit seulement de suspicions.

-       Les nouvelles variétés de pomme seraient plus sensibles que les anciennes ? On connaît une sensibilité variétale assez large, avec des variétés très sensibles aux attaques de puceron lanigère (Reine des reinettes, Reinette du Canada, Belle de Boskoop, Starking) et d'autres faiblement attaquées (Golden Delicious, Jonathan.....).

-       L'excès d'engrais azotés, qui rendent la sève des plantes très appétente me semble peu probable en bio, mais c'est possible dans des rares cas. 

 

Dans le passé, plusieurs tentatives de lutte biologique pendant la période végétative ont été effectuées. Malheureusement, les insecticides biologiques systémique (extraits de Neem) se sont révélés totalement inefficaces contre le puceron lanigère, tandis que les produits de contact n'arrivaient pas à toucher directement l'insecte car incapables de traverser la laine de protection.

Le seul produit biologique qui donne un bon résultat est le savon potassique, mais il faut l'appliquer, même localisé, sur les premiers foyers, avant que la laine soit bien formée.   

 

Le traitement d'hiver apparaît donc comme indispensable pour lutter contre le puceron lanigère en arboriculture. Le produit Polithiol semble être le meilleur produit pour cette utilisation.

Les résultats des essais effectués déjà en 2006-2008 par l'Institut de Laimburg au Sud-Tyrol sur un verger endémiquement attaqué par le puceron lanigère (variété Imperatore sur porte-greffe M4, implantation en 1982) montraient clairement que 1 traitement en plein repos végétatif des plantes avec Polithiol à 6 L/hl d'eau (dose légèrement supérieure à la dose homologué en France de 5 L/hl) était 3 fois plus efficace que l'huile minérale (2,5 L/hl) et la BSC (25 kg/hl) et autant efficace du mélange BSC + huile minérale (13,5 kg/hl + 2,5 L/hl).

Le secret pour obtenir un bon résultat est toujours le même pour ce type de traitement : l'application doit être faite de manière très soignée, avec un volume d'eau très important pour assurer une couverture totale des fissures et des anfractuosités de l'écorce. L'utilisation de la pompe à main améliore sensiblement l'efficacité du traitement.

Bien entendu, le traitement d'hiver avec Polithiol n'est pas totalement résolutif, mais il est capable de contenir fortement l'attaque du ravageur jusqu'à la période estivale et à l'arrivé du parasite Aphelinus mali. Si les colonies semblent encore trop importantes à la sortie de l'hiver, comme mentionné plus haut prévoir 1-2 traitements avec du savon potassique sur les premiers foyers pas encore protégés par la laine. 

Au niveau prix, un traitement avec Polithiol coûte environ la moitié moins que le traitement BSC + huile minérale (la RDP énorme sur le Curatio joue un rôle important dans cette différence, mais sans la RDP la différence serait encore de 60%).

 

 

 

 

Polithiol et psylle du poirier (Cacopsylla pyri)

Le psylle représente le ravageur le plus dangereux pour le poirier, bien qu'en agriculture biologique ses populations restent modestes, probablement parce-que le prédateur naturel Anthocoris nemoralis est très respecté, tandis qu'en agriculture conventionnelle l'utilisation de molécules peu sélectives contre les autres ravageurs (par exemple carpocapse) en limitent fortement le développement.

Nous avons déjà à notre disposition quelques produits biologiques efficaces pour lutter contre le psylle, notamment les argiles à base de kaolin (Sokalciarbo, Surround) et le produit à base de hydroxyde de calcium (BNA PRO). Ces deux produits agissant exclusivement de manière préventive et mécaniquement (pellicule de protection), Polithiol peut représenter une alternative biologique intéressante pour lutter contre le psylle, en agissant directement contre les femelles hivernantes. Les essais conduits en Emilia Romagna (Italie) dans la saison 2007 sur la variété Abate Fetel ont montré que un traitement de Polithiol (5 L/hl avec 1500 litres d'eau, donc 75 L/ha) au moment de la rupture des bourgeons (traitement le 28 février) avait une efficacité total de 88%. Si au traitement avec Polithiol on ajoutait 2 traitements successives avec une huile minérale (1,5 L/hl = 22,5 L/ha, effectués le 6 et le 13 mars), l'efficacité totale montait à 96,8%.  Les traitements successives avec l'huile sont à conseiller surtout quand les saisons présentent un très grand échelonnement de ovo-déposition.

 

 

Polithiol et cochenilles

Il est évident que les traitements d'hiver avec les huiles minérales ne sont pas suffisamment efficaces en présence de cochenilles. Quand ce ravageur est présent en arboriculture, les solutions pouvaient être un mélange de huile et soufre ou le recours à la BSC à fortes doses (mais il y a un problème d'homologation, voir plus haut). L'alternative intelligente et efficace est le recours au Polithiol, homologué contre cochenilles sur plusieurs cultures. Par exemple les essais sur pêche contre la cochenille du mûrier (Pseudalacaspis pentagona) effectués en Lombardie, en Venetie et en Emilia-Romagna  (Italie) en 2005 avaient montré qu'un traitement hivernal de Polithiol (5 L/hl avec 1500 L/ha = 75 L/ha) avait une efficacité proche de 100%, avec des différences statistiquement significatives comparés aux mélanges de huile minérale + soufre.

 

 

Conclusions

Nous conseillons donc fortement le produit Polithiol pour le traitement d'hiver contre les différents ravageurs couverts par les homologations ; il nous semble que ce produit devrait intéresser également les arboriculteurs conventionnels. Nous vous demandons de nous faire part très rapidement de vos éventuelles commandes de Polithiol pour les 2 raisons suivantes ; tout d'abord le produit doit s'appliquer très tôt en saison (et donc il faut organiser un transport précoce), mais surtout nous voudrions éviter les problèmes rencontrés l'année passée quand le stock de produit disponible auprès du fournisseur s'est terminé très rapidement (nous ne somme pas sûr qu'en 2019 les quantités de produit seront suffisantes pour tous).

Polithiol est conditionné en bidons de 20 litres.

 

Les prix (H.T.) pour la saison 2019 sont les suivants (pas de RPD, au moins pour le moment) :

 

-               Bidon de 20 Litres :                                            3,95 Euros/Litre

-               A partir de 200 Litres (= 10 bidons) :                          3,80 Euros/Litre

-               1 palette complète de 960 Litres (= 48 bidons) :          3,55 Euros/Litre

 

Bien entendu, les conditions de livraison restent les mêmes : prix franco arrivé pour commandes supérieures à 1500 Euros ; pour commandes inférieures à 1500 Euros contribution aux frais de transport de 50 Euros. Donc, pour éviter de frais de transport inutiles, n'hésitez pas a ajouter à la commande d'autres produits, même si leur utilisation est successive ; on pourra toujours trouver un arrangement pour les modalités et les délais de paiement.